QUAND LE SUICIDE SE FAIT ATTENDRE

QUAND LE SUICIDE SE FAIT ATTENDRE…

 

 

 

 

Dès qu’elle eut passé douze années

Elle n’aima guère l’été

Le soleil fondant sur la mer

Et le ciel plein d’un bleu amer

 

Quand elle arriva à quinze ans

La souffrance écartela tant

Son cœur qu’elle fit la promesse

D’être écrivain ou pécheresse

 

Ça voulait dire ou le suicide

Le meurtre ou l’attentat morbide

La religion un temps pourtant

La sauva du statut vacant

 

De tueuse, mais plus elle aima

L’écriture et ses blablablas

Cela aussi peu la sauva

Elle en aima plus fort les chats

 

Toujours elle voulait mourir

En robe en pyjama en rien

Les ans passaient ce n’est pas bien

D’attendre l’heure de partir

 

La vie lui collait à la peau

Elle rencontra tant de sots

Que l’envie grandissait en elle

D’aller s’enfiler dans le Ciel

 

Les Parisiens la dégoûtèrent

Les intellectuels l’agacèrent

Et elle alla croquer des pommes

Dans le jardin normand d’un homme

 

Qui n’aimait pas qu’on le dérange

Et n’était pas toujours un ange.

Mais madame bien agacée

Lui dit : voulez-vous m’écouter !

 

A cent trente ans elle mourut

Percluse affamée pas déçue

Car elle n’avait plus d’espoir

Depuis l’âge où l’on craint le noir

        

Et quand on crut bon l’enterrer

Malheur ! Elle ressuscita

Que cela lui plut, même pas

Dieu voulut juste la narguer !  

                                

 

                                                   (Marie Pra, novembre 2011).

Poésie