"Mademoiselle U" - élégie

L’AMOUR DE PROFIL

                                                        

Je me souviens de sa peau d’estampe et de ses yeux qui mimaient des croissants

On la disait mademoiselle U car on la pensait eue

Des êtres médians lui jetaient leur chemise sale :

 

Elle la rendait probe

Car mieux vaut choisir un écusson du ciel quand le ciel est en ballade

Dans l’été

 

Une chemise sous fer, comme un corps sous voiture !

Cette perspective l’eut à l’usure.

 

Sans voiture elle trotta trop

La médisance des médians étant mûre

Il y eut à son encontre un rot urbain.

 

Le mensonge s’opère en gymnase

Tout homme conserve un trait du lombric

Il a la colère longitudinale

Il doit composer avec la chaussette qui lui tient lieu de corps

Et de cave à médisances

Quand manquent les croissants. 

 

Les trottoirs pétaient des injures

Le ciel des caves m’a à l’usure.

 

Mademoiselle U fut bouche cousue

Les mots sans répartie tombèrent à l’estomac

Fuirent les reins, rancirent l’intestin

Sans rampe d’évacuation

Ils graillèrent, râlèrent, vrombirent, puis découpèrent de petites tranches de syllabes

Après perfidie syndicale

Elle encaissa les dictées de son ventre

 

Et parla lombric aussi.

Elle souffrit de ventriloquie.

 

La plus belle femme de la cité

Eut ces bandits sonores au cul

La plus gentille du monde

Encaisse au cabinet et déçoit l’homme.

La médisance est commerce équitable.

 

(MP, 2017)

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Date de dernière mise à jour : 06/04/2017