Petit pot de poésie

LES MEDISANTS

 

 

Il faut vivre sans reproche

Car ce que ces commentateurs ont fait, c’est

La supériorité de leur broyeur

Sur l’âme du mien

Et sur le déplacement chantant du papillon

C’est le vol de la Spiritualité !

Non au téléphone arabe, devenue craie de Paris

Je ne ris pas

Ils prennent le papillon, lui fendille le cœur et les ailes

Puis pérorent : oui, c’est justifié, c’est haut, c’est caution !

Lorsque ça pend de leur bouche

C’est de la compote de papillon

Le sensible, l’enthousiasme, le drôle, le bon

Ils n’aiment pas cette bande des quatre

Elle est terrorisme

De ce qui leur glisse

Des mains : un papillon sans soutien-gorge

Heureux, avec des œillades rosées.

 

 

POUR PLAIRE A MON CHAT

 

Je ne t’ai jamais promis la lune.

C’est pourquoi, de colère et de rancune,

L’autre soir,

Une mandibule a mordu la lune.

 

Il en restait un bout qui souffrait

D’anémie non-passagère.

Dans le ciel bleu, un incendie

D’une autre couleur, promettait la nuit – rouge !

 

 

 

LE SOUVENIR D’ALI

 

« Dieu a fait ton corps »

La farine brune et noire de tes yeux

J’observe les parties fuyantes de l’œuvre de Dieu

 

Je déplace et étends ma pitié

Jusque vers un lampadaire

Un pauvre cœur y pend

Sans preneur

 

L’an dernier, j’en étais

Tu as un beau ciel, tu sais !

 

Dans la vraie vie, de vis-à-vis, nous prenons un verre

Le rappel cousu de tes lèvres

Pend au bord du bas-relief.

 

                                                                  (Marie Pra, 2017)

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