POEME DU CHAT

POEME DU CHAT

 

 

 

 

Le dimanche d’avant ta mort,

Petite sphère,

Tu as rendu un ronron

Avec ton poids boule

Sur mes seins.

 

Il était encore vivace

C’était une rosace

De sons

Tout petits, tout gentils,

Comme l’apparence d’un lapin

Mais en plus malin.

 

Depuis ton âme m’a plaquée

Pour aller fleurir une urne

Tu étais jolie, or tout s’est vidé

Sous le grand ciel diurne.

 

Tends-moi la main

Tends-moi la patte

Et tes talons arrière

Que je me batte

Pour survivre à toi.

 

Tu m’éclaboussais de caresses

Tu connaissais le mot « tigresse »

Cela me faisait rire car c’était toi

Qui s’en rapprochait de droit.

 

Ta voix grave et drôle

Disait des sentences sur les autres

Tu n’avais d’autre rôle

Que de remplir l’espace du lit

Et d’être un moelleux ami.

 

Je t’aime pour le prochain été

J’écrase sur ton front un baiser

Tu as le front bien aplati

Depuis la chambre d’éternité

Où ma joie t’est administrée.

 

Mon deuil est lentement sanglant

Il couvre bien cinquante arpents

Je t’aime par-dessus cent breloques

Je suis en loque.

 

Je t’aime ma chatte chantilly

Mon caramel, ma tendre amie

Ma douce présence diluvienne

Celle qui partageait mes persiennes

N’est plus que cendre et que rosée

Ma chatte je suis endeuillée.

 

Tends-moi ton corps comme un coussin

Rappelle-moi tes dunes

De tant s’aimer on ne faisait qu’un

Femelles on faisait une.

 

Nos retrouvailles sont écrites sur un tableau

Avec ma signature.