POESIES POUR JACQUES CHARPENTREAU

POESIES

 

Vous pouvez vous moquer d’un haussement d’épaules

Et vanter ma jeunesse : attends donc les beaux jours !

Ma vie, je ne sais plus si je dois jouer un rôle,

Je tourne sur moi-même en me cherchant toujours.

 

Mon squelette a la moelle impalpable du vide

Relié à lui-même en ligaments de mots

Je ne sens que mon cœur, mon cœur qui est avide

Il n’y a pas d’espace entre moi et ses maux.

 

Ah ! Vous ne saviez pas combien c’était intense ?

-Celui pour qui je vis ne m’a pas vue grandir…

S’il ne m’effleure pas, je vis ma propre absence.

Mais j’a ime mieux l’aimer que rendre mon désir.

 

(MARIE PRA, 1996)

 

 

Ils sont tous attroupés autour de la naissance,

Une mère rougie tripote son enfant,

Il est né, le divin ! Oh mais, c’est une chance !

Mettre au monde est un droit que tout être défend

 

Les crétins amassés, bavant de joie, commentent :

Mais où est son mari ? Oh, n’importe comment !

Il n’y a jamais eu d’apparence qui mente

Une mère ravie est épanouissement.

 

Maman, plus rouge encore, débite ses mensonges

A sa progéniture arrachée sans merci

Elle lui dit : mon cœur ! Je crois que c’est un songe

Tant je suis satisfaite… ah ! de t’avoir ici !

 

Honore bien maman : elle t’a donné vie

Prétextant ton bonheur, ce refrain sans chanson

Elle n’avouera pas que primait son envie

De prendre plaisir avec un nourrisson !        

 

(MARIE PRA, 1996)

 

Ces deux poésies ont été découvertes et publiées vingt ans plus tard sur décision de Jacques Charpentreau et de sa revue "Le Coin de la Table".

 

 

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