Espoirs et vies, O ! Enfant

ESPOIRS ET VIES, O ! ENFANT [1]

 

 

 

 

 

Dans le désert ocre se trouvait un château. Il plongeait ses racines à terre et s’élevait jusqu’au niveau ordinaire du sol. Il nous fallait un peu grimper pour parvenir au-dessus de lui.

Au loin, sur un rempart, lisse ou rocheux, se trouvait un petit groupe d’individus. L’un de ma connaissance, salua d’un coucou l’enfant de cinq ans que j’étais.

« Et dire que nous allons être là-bas et que quand nous y serons, pensai-je, il y aura dans ma tête la même chose qu’il y a dans la leur en ce moment ! »

La scène se déroule en Algérie. Je suis incapable de retrouver de quelles ruines il est question. Je pense qu’elles ne se situaient pas trop loin d’un village.

J’étais abondante d’imagination

J’avais peu de défauts

… écrit dans un poème d’amour Nouara Lahrèche, poétesse algérienne.

Pour une enfant, l’Algérie était une patrie très accueillante. Les habitants y traitent l’enfant en ange.

A l’école primaire, ce voyage me rapprocha d’autres condisciples. Hafida, une camarade de classe, était une enfant mince et sportive, à l’intelligence audacieuse. Elle avait de longs cheveux frisotés qu’elle attachait en queue de cheval. Je la fis fondre en lui disant :

« Quand j’étais petite, je suis allée en Algérie. J’ai adoré ce pays. C’est un de mes plus beaux souvenirs !

-C’est vrai ?...» fit Hafida, décontenancée. Elle y avait de la famille, ses origines, des souvenirs de vacances. Elle n’avait pas l’habitude que des camarades lui parlent de l’Algérie. Être détentrice de cet unique voyage, était une qualité en moi qui l’émut.

Si vous avez des enfants à sortir, pourquoi ne pas partir avec eux dans les pays du Maghreb !

 
 
 
 
 
 

 


[1] Maram al-Masri, Femmes poètes du monde arabe, anthologie, Zineb Laouedj, « Coquelicots », Le Temps des Cerises, 2012, p.196.

Date de dernière mise à jour : 09/09/2019